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État des lieux de sortie : ce qui est vraiment attendu

17 octobre 2026 · Nettoyage
État des lieux de sortie : ce qui est vraiment attendu

État des lieux de sortie : rôle et portée juridique

Au départ d’un logement, l’état des lieux de sortie décrit son état au moment où le locataire rend les clés. Sa valeur tient surtout à la comparaison avec le document établi à l’entrée : une marque déjà signalée ne devient pas une dégradation imputable au locataire.

La loi du 6 juillet 1989 prévoit un constat contradictoire, réalisé par le propriétaire et le locataire, ou leurs représentants. Chacun peut formuler ses observations et doit recevoir un exemplaire daté et signé, utile si une retenue sur le dépôt de garantie est ensuite contestée.

Un constat partagé et précis

La visite consiste à examiner les pièces et les équipements ensemble, plutôt qu’à signer un formulaire sans vérification. Si une mention paraît vague ou inexacte, demandez qu’elle soit précisée avant la signature, par exemple en localisant une tache ou une fissure.

Selon l’article 3-2 de la loi du 6 juillet 1989, l’état des lieux peut être établi sur un document unique ou sur deux documents de présentation similaire. Un exemplaire est remis à chaque partie, sur papier ou sous forme dématérialisée.

Ce que le document doit permettre de vérifier

Le décret du 30 mars 2016 fixe les informations minimales attendues, notamment l’identification des parties, la date, les relevés des compteurs et la description des pièces. Pour une location meublée, l’inventaire permet aussi de contrôler les meubles et appareils fournis.

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Un modèle numérique ou imprimé aide à suivre la même méthode pièce par pièce. Il ne remplace toutefois pas une inspection attentive : une formulation comme « mur abîmé » renseigne moins qu’une description de l’emplacement et de la nature du défaut.

Repères à consigner :

  • Adresse du logement et identité des parties
  • Date de la visite et relevés des compteurs
  • État des murs, sols, plafonds et équipements
  • Nombre de clés, badges et télécommandes rendus

Préparer l’inspection et organiser la remise des clés

Une visite utile se prépare avant le déménagement final : le rendez-vous se fixe d’un commun accord, idéalement lorsque les affaires sont retirées et que les pièces restent accessibles. Cette organisation laisse le temps de vérifier les placards, les annexes et les installations sans précipitation.

Rendre le logement accessible et lisible

Prévoyez un créneau en journée, car une lumière suffisante facilite le contrôle des murs, des sols et des vitres. Si l’électricité est encore active, les interrupteurs et appareils peuvent être testés ; sinon, inscrivez clairement ce qui n’a pas pu être vérifié.

Dans un logement vide, les effets personnels ne doivent pas empêcher l’examen des surfaces. Pour un meublé, laissez les biens appartenant au propriétaire en place et rapprochez l’inventaire d’entrée de ce qui est réellement présent.

Avant le rendez-vous, vérifiez ces éléments :

  • Nettoyage des pièces et accès dégagés
  • Présence des équipements mentionnés au bail
  • Relevés de compteurs accessibles
  • Clés et moyens d’accès rassemblés

Décrire les écarts sans interprétation excessive

Les observations gagnent à être factuelles et localisées. Par exemple, « rayure sur le plan de travail, près de l’évier » est plus exploitable que « cuisine dégradée », car chaque partie comprend précisément ce qui est constaté.

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La remise des clés doit être notée avec les autres moyens d’accès : badge, bip de garage ou clé de cave. Elle marque la restitution matérielle du logement, mais n’efface pas les éventuels loyers, charges ou sommes justifiées encore dus.

Éléments à comparer :

  • État des revêtements entre entrée et sortie
  • Fonctionnement apparent des équipements fournis
  • Inventaire du mobilier pour une location meublée
  • Nombre de clés et badges effectivement restitués

Vétusté, dégradations et retenues sur le dépôt de garantie

Une fois les écarts décrits, leur qualification devient déterminante : l’usure normale liée au temps ne se traite pas comme une détérioration imputable à un manque d’entretien ou à un usage anormal. Cette distinction protège autant le locataire que le propriétaire.

Distinguer l’usure normale d’un dommage

Une peinture qui a pâli au fil des années relève généralement de la vétusté, tandis qu’une vitre cassée ou une porte endommagée peut constituer une dégradation. Une grille de vétusté annexée au bail aide à apprécier l’âge et la durée d’usage des matériaux.

Le constat de sortie doit faire apparaître un défaut absent du document d’entrée pour étayer une retenue. En pratique, une trace d’humidité déjà signalée à l’arrivée ne peut être imputée automatiquement au nouvel occupant ; son origine doit être examinée.

Lecture des écarts constatés :

  • Usure liée au temps : charge normalement supportée par le bailleur
  • Dégradation nouvelle : examen de la responsabilité du locataire
  • Équipement manquant : comparaison avec l’inventaire initial
  • Désaccord sur un défaut : observations écrites des deux parties

Justifier chaque somme retenue

Une retenue ne devrait pas reposer sur une estimation arbitraire. Le propriétaire doit pouvoir relier la somme demandée à un défaut constaté et fournir des justificatifs adaptés, tels qu’une facture ou un devis détaillé.

Le tableau résume les délais prévus pour la restitution du dépôt de garantie dans une location soumise à la loi du 6 juillet 1989. Le point de départ est la remise des clés au propriétaire ou à son mandataire.

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Situation constatée Délai maximal de restitution Conséquence pratique
État de sortie conforme à l’entrée Un mois Restitution du dépôt, sous réserve des sommes restant dues
Différences justifiant des retenues Deux mois Retenues à justifier par des éléments vérifiables
Retard imputable au bailleur Après expiration du délai applicable Majoration légale possible, sous conditions
Adresse de départ non communiquée Situation à examiner La majoration de retard peut ne pas être due

Selon Service-Public.fr, la majoration prévue en cas de retard correspond à 10 % du loyer mensuel hors charges pour chaque période mensuelle commencée, sous réserve des conditions légales. Le locataire peut demander le détail des sommes retenues et contester celles qui ne sont pas suffisamment justifiées.

Refus, absence ou désaccord lors de l’état des lieux

Quand l’échange amiable échoue, il reste essentiel de garder une trace des démarches et des désaccords. Un courriel ou un courrier proposant plusieurs dates permet de montrer que chaque partie a cherché à organiser la visite.

Faire constater la situation par un commissaire de justice

Si l’état des lieux contradictoire ne peut être établi, l’une ou l’autre partie peut faire appel à un commissaire de justice. Celui-ci convoque les parties au moins sept jours à l’avance par lettre recommandée avec avis de réception, puis établit un constat.

Les frais réglementés sont partagés entre le bailleur et le locataire lorsque l’intervention découle de l’impossibilité de réaliser un constat amiable. En revanche, un professionnel mandaté pour un état des lieux classique ne permet pas de faire supporter automatiquement ses honoraires au locataire.

Consigner les réserves avant de signer

Un refus de signature peut traduire un désaccord sur une mention, mais il ne faut pas laisser la raison dans le flou. Demandez que vos réserves soient ajoutées au document et conservez les échanges, les photographies datées et les justificatifs utiles.

Selon l’Agence nationale pour l’information sur le logement, les conseils et permanences de l’ANIL ou de l’ADIL peuvent aider à comprendre les démarches applicables à une situation locative. Si la contestation persiste, une mise en demeure écrite puis une démarche de conciliation peuvent précéder un recours judiciaire.

Points à conserver en cas de litige :

  • État des lieux d’entrée et document de sortie
  • Échanges écrits sur la date du rendez-vous
  • Photographies et justificatifs des retenues
  • Preuve de la remise des clés et de la nouvelle adresse

Sources juridiques pour l’état des lieux de sortie

Le cadre présenté repose sur l’article 3-2 et l’article 22 de la loi du 6 juillet 1989, le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016, ainsi que les informations pratiques publiées par Service-Public.fr et l’Agence nationale pour l’information sur le logement.

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